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SELECTION ROCK |
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ROCK |
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Tombé dessus par hasard dans une boite rock de Saint-Etienne, le premier album de Deportivo est un claque mémorable. Il est assez rare de trouver des groupes Français qui proposent dans notre langue un pop rock Anglais de qualité. Les représentants outre manche sont connus, pèle mèle Blur, Oasis, Franz Ferdinand et j'en passe, ils jouent une recette éternelle: des morceaux assez courts soutenus par des riffs de guitare relativement simples saupoudrés une belle voix de chanteur tour à tour mélodique et un peu geignarde ou héraillée (pour le côté j'ai une part de féminité en moi, mais je suis aussi un peu rebelle). Un air |
| entêtant qui reste dans les têtes et devient rapidement un tube. Ne cherchez plus, ce profil de groupe doté d'une approche simple et modeste du rock existe désormais aussi en France, et il a bien appris la leçon, j'ai nommé, veuillez les accueillir sous les vivas de la foule: Deportivo !!!! Des formats de chansons relativement courts (3 minutes en moyenne), une musique simple mais pêchue, un chanteur qui sait chanter, qui a un joli timbre de voix et privilégie la mélodie plutôt que cacher ses limites par un humour douteux ou des artifices vocaux. Tout ce que fait Deportivo est bien, très simple et très bien. Les guitares sont simples et bien, les musiciens aussi, le son idem, le chanteur participe à la mélodie en modulant sa voix handrogyne et en s'appuyant sur des textes d'une opacité poétique proche de celle initiée par Noir Desir et Bertrand Cantat. L'album est d'une facilité d'ecoute extrêmement rare et intéressante par rapport aux autres groupes de rock Français, on le met dans la platine, on se laisse aller à flaner et 1 heure plus tard on s'étonne de ne pas avoir ressenti le moindre picotement d'ennui à l'ecoute. Un de mes meilleurs achats, 9 chansons sélectionnées, et quand je vois la dureté de mes sélections en terme de musique, c'est déjà énorme. Merci à Deportivo de faire de la musique simple mais géniale. Merci à eux de montrer que les groupes de rock Français ne compliquent pas tous leur approche et savent trouver des chanteur qui sachent chanter, de montrer que faire du rock en Français sans surjouer les thèmes abordés, la musique ou la voix, c'est possible. Dans cette veine on connaissait Noir Desir, désormais il faudra aussi compter sur Deportivo. |
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SELECTION CHANSONS A TEXTE |
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"Approchez, approchez messieurs dames car aujourd'hui grande vente aux enchères. Mes deux jeunes apprentis saltimbanques vont vous présentationner des mots !". Telle commence une des chansons du premier album de "la rue ket". Toute la poésie et la singularité de ce groupe est résumée dans cette introduction. Mi troubadours de rue, mi titi Parisiens, mi manouches, mi Portuguais, l'accordéon en bandouillère et la guitare gipsy accrochée autour du cou, les trois accolytes promènent leur gouailles de gavroches au gré des petits cafés théatres et des grandes salles de concerts combles, une guitare dans une main, un verre dans |
| l'autre, et le nez de clown vissé entre les deux yeux. La rue ketanou, c'est l'un des plus dignes représentants d'une nouvelles scène underground de la chanson Française décomplexée. Une scène très vive et talentueuse qui dans l'ombre des TV et radios qui les boudent, rameutent une bonne partie de la jeunesse à leurs concerts. Ils s'appellent "Louise attaque", "les têtes raides", "les ogres de barback", "les hurlements d'Leo", "debout sur le zinc", "tit nassels". Ils ont pour références Brel, Brassens, ils choisissent d'associer l'accordéon à la guitare, de chuchoter leurs mots et leur poésie plutôt que beugler des slogans. Le militantisme de la rue ketanou est tour à tour apaisé et acide, mais toujours pertinent. Les grands problèmes se voient dans les petits riens, au détour d'une rue, au détour d'un bar, quand la boisson est trop importante, l'air plus vraiment respirable, la voix un peu cassée par le froid et la fatigue des fins de soirées. les thèmes abordés sont les petites difficultés et grandes joies de la vie, un poivrot à son comptoir, un clodo qui joint les deux bouts comme il peut, des envies de voyages et d'ailleurs. Dans l'enfer Parisien, l'artiste de rue est comme "l'oiseau sans plume, celui qui a la chair de poule, parce qu'il a peur, parce qu'il s'enrhume, mais qui arrangue arrangue les foules". Ou alors, un peu plus loin et plus proche à la fois, il y a aussi "pépé" dont on aime bien ecouter les vieilles histoires et "sans qui le comptoir il est bancal". Le bon copain à qui on ose pas dire qu'il parle trop, qu'il n'ecoute plus personne et que plus personne n'ecoute. Une phrase sentencieuse mais tellement vraie "quand on passe à côté des autres, on passe à côté de soit même". La rue ketanou c'est de la poésie dans chaque chanson, c'est des belles voix un peu héraillées et un peu apaisées aussi. C'est un peu de l'Espagne, un peu des gitans, un peu de Brel, de Brassens, c'est de grandes revendications et des toutes petites, des petits malheurs qui sont très grands et des très grands malheurs qui sont tout petits. C'est de la joie, de la tristesse, de la mélancolie et des elans amoureux. C'est un album très bien maitrisé, un talent énorme et probablement l'un des plus sûrs et beaux fleurons de cette nouvelle scène de la chanson Française. Si vous aimez Brel ou Brassens ça vaut en tout cas le coups de s'arrêter devant la roulotte de La Rue Ketanou. Il y aura surement de belles histoires à ecouter. Et puis de toute façon même si le système leur la pique, au coin d'une rue, avec une guitare, un harmonica et un accordéon pour seule compagnie, on arrivera toujours à trouver "la rue ket" "sur les chemins de la bohème" à Montparnasse, Lisboa, Napoli ou ailleurs. Dans tous les coins du monde ou le romantisme ecorché retrouve son sens et ses mots. |
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SELECTION REGGAE/SKA/RAGGA |
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Combien de groupes Français font du bon reggae ? Ils sont rares. Derrière un discours de pseudo coolitude un peu vide et plein de clichés ("la violence c'est paaaaaaaaas bieeeeeeeen", "Jah est mon guide et mon meilleur pote", "légualisons le canabis ou sinon je m'énerve"), la plupart enferment le genre dans des limites qui n'existent pas en Jamaïque. On fait peu de cas des revendications politiques et de la lutte présents dans beaucoup de textes de Bob Marley (avec l'epoque qui est la notre, le chomage, la Françafrique, les événements qui se passent dans le monde, c'est quand même étonnant et frustrant de voir que les |
groupes de reggae Français sont incapables de trouver des thèmes d'engagement pertinents en dehors du très populiste et creux "légalisons le canabis"), les chanteurs ont des possibilités vocales limitées et s'attachent plus à faire les chanteurs pseudo ragga qui se forcent un peu, que vraiment chercher les sonorités émotives du reggae des débuts. La musique est pauvre avec un niveau technique faible ou minimaliste et une impression générale loin des atmosphères planantes des premiers albums de Marley ou Burning Spear. La section cuivre typique du reggae des années 80-90 fait loi et enlève complêtement le côté "root" du reggae originel (les meilleurs exemples de ces groupes "tout dans la section cuivre", qui provoquent chez moi des baillements incontrôlés, etant probablement Baobab et K2R riddim). Quand on fait le bilan de la scène reggae en France, les rares bons groupes se trouvent malheureusement assez loin, aux Antilles (Martinique ou Guadeloupe) ou en Afrique (avec tout particulièrement les deux artistes majeurs Ivoiriens que sont Alpha Blondy et Tiken Jah Fakoly). Combien de groupes pratiquent une bonne dub ? Ils sont plus nombreux, la France ayant une grosse réputation mondiale en terme de musique électronique, on compte beaucoup d'excellentes formations dans ce style marginal qu'est la dub (high tone, zenzile, brain damage, kaly live dub), même si le niveau est excellent, ça lorgne quand même plus sur l'electro ou le trip hop (le peuple de l'herbe) que sur le reggae pur, comme l'avait osé en son temps (et ça date) l'artiste Jamaïcain Burning Spear. Combien de groupes pratiquent un bon ragga ? Là aussi ils sont relativement nombreux et talentueux mais la plupart sont issus de la région Parisienne et ont donc naturellement des références plus proches du rap (raggasonic/big red, lord kossity, neg marron, etc) que du reggae. Combien de groupe intègrent des chanteurs raï à leur formation ? Il y en a surement, mais connaissant peu ce style à part Zen Zila de Lyon et NSK de Saint-Etienne, je ne peux guère me prononcer.
Enfin et pour finir, combien de groupes ont le courage et le talent pour faire un mix crédible entre le reggae intelligent, la dub, le ragga et le raï ? Là, je mets un terme au suspens et deviens catégorique et ferme, AUCUN ABSOLUMENT AUCUN, à part............ Dub Incorporation !!! A la lumière de ces exemples, on l'aura compris: la singularité de "Diversité" et de la "dub inc" (surnom affectueux donné par les Stéphanois), est de proposer une musique pratiquement jamais entendue en France, de commercialiser un OVNI, un pavé dans la mare du paysage musical Français. Et comment pourrait il en être autrement ? Un disque Français qui propose soit du bon reggae, soit de la bonne dub, soit du bon ragga, c'est déjà rare, alors que dire d'un album qui propose un bon mix de tous ces styles !? Si on s'attachait uniquement à la musique, le niveau technique et la culture des musiciens comblerait déjà de bonheur n'importe quel fan dub, reggae ou ragga de l'hexagone (et ils sont nombreux). L'album est énorme musicalement, les morceaux sont longs mais explorent toutes les facettes des styles et des rythmes. Véritables puzzle de sonorités, la production enfoncerait déjà la concurrence Française même sans chanteurs. C'est riche, progressif, c'est intelligent. Les morceaux les plus courts durent 5 minutes, les plus longs purement dub (donc sans chanteurs) 9 minutes. Les deux guitaristes sont excellents et sont totalement synchro avec un clavier qui remplit superbement sa fonction planante (des sons avec beaucoup de "reverb"), tout comme le batteur qui doit finir ses concerts en nage tellement il est présent derrière dans les "ratatapoum poum tchak". Les morceaux sont comme des petits films avec leurs intros, leurs moments de calme, leurs rebondissements suivis d'autres moments de calme et leurs conclusions. Sur cette musique touffue se greffent deux chanteurs qui augmentent tour à tour l'intensité ou la mélodie. Quand ça chante ragga la température du thermomètre monte de quelques degrés au dessus des 30. Quand ça chante raï/reggae la mélodie prend une hauteur, une richesse et une profondeur insoupçonnées pour qui n'est pas habitué à écouter un tel chanteur doué d'emotion. Alors bien sûr mon chauvinisme de stéphanois parle surement un peu. Bien sûr tout n'est pas parfait, il nous arrive de regretter par exemple que le chanteur ragga ne travaille pas un peu plus sa justesse ou ses textes, que le chanteur raï/reggae ne chante pas plus, que les morceaux soient un peu vampirisés par l'autre chanteur. On regrette auss qu'après deux 5 titres excellents et l'album "Diversité" meilleure de leurs productions à ce jour, l'album suivant ait un peu baissé. Il est vrai qu'on s'habitue assez vite au caviar. On regrette enfin que la dub incorporation n'ait pas un peu plus d'ambition Nationale et choisisse une production stéphanoise, plutôt qu'une production Parisienne peut être plus calée au niveau son. Mais quand même ! Quelle classe que cette dub incorporation. Quelle classe que cet album. Quelle classe que leurs concerts. Parce que si l'album est bon, et si les compliments ne vous ont pas encore trop saoulés, que dire des concerts encore une fois !! Là aussi il y aurait des choses à dire. Véritables performeurs scéniques, les membres de la dub inc maitrisent parfaitement le lieu et emmènent le public dans des horizons insoupçonnés. C'est du reggae, du ragga, de la dub, c'est des moments de transe totale, interminable et jouissive sans chanteur, qui succèdent à des sessions de performances vocales ragga. C'est des longueurs de morceaux doublées, triplées, quadruplées avec une montée d'adrénalyne progressive, c'est des etats seconds avec des sons homnyprésents qui résonnent dans la tête en boucle et d'autres ou tout le monde danse et slame. En fin de concert, le public est en nage et les gens ont ce regard un peu hagard de ceux qui n'ont pas trop compris ce qui s'est passé. Dub incorporation c'est non seulement une de mes meilleures émotions d'album mais aussi une de mes meilleures émotions de concert. Et ça, si mon chauvinisme ne fait aucun doute, le public et les grands du reggae ne s'y trompent pas eux aussi. N'importe qui ne peut pas inviter Tiken Jah Fakoly ou Steel Pulse sur ses albums. N'importe qui ne peut pas faire guichet fermé au transbordeur de Lyon ou au Hall C de Saint Etienne. N'importe qui ne devient pas culte pour le public "root" de ces deux villes. Et si finalement rester anonyme doit donner ce talent tout en gardant ses petites limites, mieux vaut au final que la dub inc reste anonyme pour son public de fans absolus qui s'agrandit toujours plus. Parce que dans 10 ans, "Diversité" ça restera toujours le pied et 10 fois mieux que les baillements incontrôlés à l'ecoute d'un album du groupe d'"envergure nationale" K2R riddim. |
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SELECTION DUB/ELECTRO/TRIP HOP |
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Bon alors, avant de présenter High Tone, il faut quand même un peu que j'explique ce qu'est la dub. Quand on me demande mes gouts musicaux et que je réponds que j'adore ce style de musique, mon interlocuteur fait souvent une drôle de tête en me demandant "la quoi ?" ou "c'est quoi ce truc ?". C'est dur de bien décrire ce qu'est la dub. D'abord, c'est une sorte de reggae électronique sans chanteur et très planant. Ca se joue avec des claviers, des tables de mixages, mais aussi des instruments plus traditionnels comme la guitare, la basse et la batterie, les sons etant toujours extrêmement travestis, avec beaucoup de "reverb" pour donner |
un effet d'echo. Comme ses cousins le reggae, le ska, le rocksteady, le two tone ou le ragga, ça vient de Jamaïque mais ça a été surtout développé et transformé par les Anglais et les clubs Londoniens qui sont friands de musiques electroniques et planantes. Sinon, pour les profils des groupes, c'est généralement des gars un peu tous mous avec des dreadlocks qui adorent vivre dans le noir et réveiller tout le monde à des heures pas possibles. Dans les festivals ils installent généralement leur matériel quand tout le monde commence à se dire qu'il serait peut être temps d'aller dormir (vers 3 heures ou 4 heures du mat'), quand on trouve plus de gens vautrés dans l'herbe qu'en etat de marcher. C'est d'ailleurs une musique qui s'apprécie particulièrement dans des etats de moitié somnolence ou quand on a un peu trop fumé ou bu. C'est pas vraiment fait pour animer les dancefloor, c'est avant tout un fond musical. Voilà, ça c'est la dub, c'est une musique que j'adore, je ne cherche pas toujours des musiques qui bougent, et avec de la bonne dub je peux de temps en temps aller très "high" quand je cherche du calme et du repos.
Et donc, pour resituer High Tone, c'est je pense et à ce jour, le meilleur groupe de dub/electro Français. Une dub Française reconnue, qui compte pas mal d'excellents groupes. High Tone est à mes yeux meilleur que la concurrence pour une raison assez précise: ils n'hésitent pas à sortir des bases du genre (dub) pour aller naviguer dans des eaux plus proches des démarches des groupes electro. Les bases du genre comme je l'expliquais, c'est la Jamaïque et le reggae. Ce socle là on le trouve aussi dans la musique d'High Tone (logique, sinon ça ne serait pas vraiment de la dub, juste de la musique electronique), mais leur dub c'est pas seulement ça. High Tone va chercher la transe un peu partout dans le monde et plus particulièrement en Asie et en Inde. Aux guitares et claviers avec énormément d'echo et jouant des boucles lancinantes typiques du style, High Tone n'hésite pas à ajouter des ambiances Indiennes ou Orientales. Il y a énormément de séquences avec des instruments traditionnels indiens ou autres comme le didjeridoo. Avec High Tone, la transe devient mondiale, sur les terres de l'Inde, l'Asie ou l'Australie, c'est comme un voyage dans tous les expériences transcendantales du monde. Sur ces parties instrumentales, il arrive egalement fréquemment à High Tone d'aller marcher sur les plates bandes de la techno et du hip hop. La base tranquille de la dub pure et dure n'est jamais oubliée, simplement sur cette base, ils ajoutent très souvent des séquences vocales, des "cut" de paroles de films comme on en voit chez certains groupes rap. Ils accélèrent aussi souvent légèrement le rythme de leurs morceaux par rapport aux standards dub pour naviguer juste entre la frontière dub et techno. Et c'est précisément dans cette richesse des expériences qu'High Tone est fort. Dans cette capacité peu commune qu'ils ont à assimiler avec talent un peu toutes les musiques dans leur univers, l'ancien et le moderne, la musique traditionnelle et les musique urbaine, les rivages de la Jamaïque, de l'Inde ou de l'Australie et les clubs surchauffés de Londre ou Paris. Au niveau de leurs albums, on peut dire qu'ils sont à peu près tous excellents. C'est un des rares groupes dont on doit pouvoir choisir à peu près les yeux fermés un disque sans risquer de trop se tromper. Bien que crédité d'un 9sur 10, "Opus incertum" n'est peut être pas le meilleur album de High Tone. Un autre de leurs albums "bass temperature" que je vais ecouter prochainement a l'air encore mieux. Mais OPUS ça reste quand même une sacré expérience musicale. Je suis assez compliqué en musique, généralement quand je prends un tiers d'un disque tout style confondu c'est le bout du monde. Pour OPUS, j'ecoute plus des deux tiers de l'album, donc ça reste à mes yeux un très bon achat qui mérite guère moins qu'un 9. Alors bien sûr si des personnes comptent acheter un album d'High Tone ou de dub, à la lecture de ces lignes, il faut qu'elles sachent à quoi s'attendre encore une fois. Si vous cherchez de la musique qui s'apprécie tout de suite et qui bouge, c'est pas High Tone qu'il faut acheter. Il n'y a pas de chanteur, les chansons durent en moyenne 6 minutes, la plus longue 7 minutes 30, la plus courte 4 minutes 30. C'est pas une musique pour danser ou mettre la bonne humeur c'est plutôt le contraire, mais si on cherche une musique reposante d'un calme et d'une ouverture sur le monde absolue, c'est dur de trouver mieux qu'High Tone à mon sens. Des bons groupes de dub on en trouve. Des groupes qui font de la dub comme High Tone, avec la même démarche et aussi bien, c'est plus rare. Car à part peut être dans la dub et le trip hop Anglais, je ne vois qu'eux. |
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SELECTION METAL |
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J'en vois déjà s'étrangler en voyant Linkin Park classé dans mes sélections Metal. Le metal est un tel mélange de styles (heavy, trash, speed, death, gothique, grindcore ou brutalprendstoiçadanslatronchecore, et j'en oublie...), qu'on y trouve un taux anormalement élevé de personnes limite sectaires qui estiment que le metal le vrai, c'est uniquement celui qu'ils ecoutent et que le reste n'est que pale copie commerciale ou sans intérêt. Dans les gens qui ecoutent du metal, on trouve les fans du heavy metal des premières heures, nourris aux albums d'Iron Maiden, Black sabbath, ces groupes aux chanteurs avec voix |
efféminées et solos de guitare de 30 minutes. Le speed metal et ses sessions de guitares jouées à 2000 à l'heure. Le trash metal et ses chanteurs qui beuglent comme des veaux, ses guitares désaccordées dans les graves et ses batteries double caisse. Le death metal et ses squelettes, son imagerie malsaine de la mort, Le gothique et ses chanteuses, ses chateaux dans la brume, ses grandes robes noires, son spleen romantique hérité des groupes scandinaves. Le grindcore qui mise tout sur la violence, et pour finir le Neo Metal, style fourre tout qui se fait foutre de sa gueule par les fans de tous les autres styles. Derrière l'ouverture initiée par des groupes comme Sepultura (chaos ad) ou Pantera, Le neo est l'un des derniers nés de la scène metal, un style qui, avec le gothique, remporte beaucoup de suffrages auprès des adolescents, de part son ouverture vers les autres musique et sa facilité d'ecoute pour les non initiés. Et comme pour tout ce qui marche, le succès engendré provoque le mépris des puristes et fans des metal de la première heure, taxant le neo metal de coups commercial, de style "variété" pauvre techniquement qui vulgarise le genre pour le rendre accessible aux plus grand nombre. Les jeunes qui ecoutent du neo metal ne sont pas épargnés, traités de pré pubères en mal de sensations qui n'auraient pas vraiment compris ce qu'etait vraiment le metal, le pur, le vrai, l'authentique.
Fi de toutes ces considérations, j'aime le neo metal et je le revendique. J'aime Linkin Park, j'aime leur ouverture, le côté "ecoutable" et j'ai pas du tout l'impression d'ecouter de la variété. Après un premier album excellent, Meteora est le second album de Linkin Park. Mélange de styles propre au neo metal (guitares metal, tempos lents du néo, doubles voix, une mélodique, une pseudo rap, scratchs et boucles piquées au rap et à la techno) "Meteora" a dans le style neo, un place particulièrement intéressante pour tous fans potentiels du genre. Tous les morceaux sont ecoutables, aucun ne provoque l'ennui. Le son des guitares a cette lourdeur des nouvelles générations de metal (celles qui suivent le heavy et le speed), le tempo s'approche du rock, et derrière le trio batterie/basse/guitares, les scratchs rap ont une place importante. Les deux voix des chanteurs alternent mélodie et revendications rap, il y a une voix tour à tour mélodique, douce, héraillé ou beuglante et une voix imprimant un flow purement rap. La force de Linkin Park réside dans leur capacité à proposer des morceaux extrêmement cohérents, qui ne s'éloignent jamais des bases et de l'energie metal, mais proposent egalement derrière la puissance, cet habillage mélodique, rap ou techno qu'on trouve dans le neo. Contrairement à la concurrence des styles historiques qui négligent clairement cet aspect en dehors des groupes heavy et plombent du même coups leurs morceaux pour un public non initié, Linkin Park a cet avantage d'avoir deux très bons chanteurs qui apportent une vraie valeur ajoutée à leurs morceaux. Alors, evidemment, Linkin Park et "Meteora" n'atteignent pas des sommets techniques. Ce n'est pas non plus le groupe le plus novateur paru ces dernières années, d'autres groupes comme System of a down ou Ill Nino ont deux longueurs d'avance en terme de richesse musicale et ouverture d'esprit. Ceci dit Linkin Park fait les choses sobrement et bien. Leurs deux premiers albums sont des merveilles de simplicité d'ecoute et d'accessibilité. C'est néo metal, c'est bien fait, c'est puissant et mélodique et tous les morceaux s'ecoutent très bien sans qu'on ait trop souvent envie de passer à la chanson suivante. Sur 4-5 morceaux, la puissance et l'effet coups de poing du metal sont là. Linkin Park sait aussi très bien marrier les guitares lourdes et l'aspect chant du rap. Mélange marchant très bien et de plus en plus proposé par les nouveaux groupes appraissant sur la scène Américaine. Le metal/rap atteint avec Linkin Park tout son potentiel. Le chanteur mélodique a des capacités vocales très intéressantes avec une voix tour à tour mélodique, douce ou héraillée et beuglante. Le chanteur rap n'est pas la plus belle voix entendue dans le style mais imprime un flow typique qui apporte à la musique quand il est sollicité. Voilà, Meteora n'est pas l'album le plus novateur paru en néo metal, mais c'est probablement l'album ou un des albums qui laissera le moins de déçus sur la touche. Les fans du metal comme ceux de musique plus rock et mélodiques peuvent se retrouver dans cet album. Après, le débat, Linkin Park imposteurs, vendus, groupe de variété, je le laisse aux "puristes" du metal, parce que pendant qu'ils débattent la musique avance. Si pour être un "vrai" il faut s'habiller en cuir, faire son faux dur, ou apprécier d'ecouter des groupes avec une musique géniale mais avec des chanteurs qui chient dans la colle, ben je préfère encore Linkin Park. |
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